La place de la religion dans l’école
luxembourgeoise
Vers la fin du statu quo ?
Depuis que l’école existe, l’éducation aux
valeurs constitue une préoccupation récurrente, souvent
passionnément débattue, des parents et des enseignants d’une
part, des responsables politiques et de bien d’autres milieux d’autre
part. L’enjeu est de taille, même si l’on ne doit pas
se faire trop d’illusions sur l’impact réel d’une
discipline scolaire pour l’orientation philosophique ou religieuse
des élèves. L’histoire individuelle de chacun, l’éducation
au sein de sa famille, à laquelle s’ajoutent ses expériences
uniques avec autrui dans un milieu donné resteront – heureusement
- bien plus déterminants pour ses orientations au cours de sa vie
de futur citoyen, acteur de la vie économique, sociale et culturelle,
et peut-être mère ou père de famille.
Dans l’histoire de l’école luxembourgeoise, nous
pouvons distinguer plusieurs phases à cet égard. Lors de
la première, il était entendu que les jeunes soient éduqués
sur le socle de la morale catholique. La doctrine chrétienne était
obligatoire, sauf dispense pour les enfants d’une autre religion
ou conviction philosophique. A tous les niveaux, elle était une
discipline à part entière et figurait en tête des
bulletins de fin de trimestre.
Une césure radicale intervint grâce à la loi du 10
mai 1968. Avec l’accord de l’évêque, le Ministre
Jean Dupong introduisit un cours de morale laïque alternatif et parallèle
au cours d’instruction religieuse, autorisant toutefois comme «
troisième possibilité » la dispense des deux cours.
En toute logique, les deux disciplines ne furent plus prises en compte
pour la promotion de l’élève. Pour contrecarrer le
recours abusif et inique de la « troisième possibilité
», celle-ci fut finalement abolie sous le Ministère d’Anne
Brasseur, et un coefficient 1 pour les deux disciplines réintroduit.
Ce règlement s’est accompagné d’une revalorisation
de la formation des enseignants de Formation morale et sociale, qui avait
été longtemps attribuée à des stagiaires ou
des chargés de cours.
Le principe de base est resté celui du libre choix des parents,
respectivement des élèves eux-mêmes. Actuellement,
la plupart des enfants et des adolescents sont inscrits au cours d’instruction
religieuse.
Or, depuis longtemps, les voix se multiplient qui réclament une
école publique entièrement laïque. Deux variantes sont
avancées : l’abolition pure et simple des deux cours, ou
alors l’introduction d’un cours unique de formation morale
et sociale obligatoire pour tous, tel que le « Neie Lycée
» le pratique, sans qu’il y ait eu véritablement débat.
D’aucuns souhaitent qu’un cours sur les Droits de l’Homme
et/ou sur l’histoire des religions y soit intégré
ou ajouté.
Dans ce contexte, le groupe Educational Measurement and Applied Cognitive
Science de l’Université du Luxembourg mène une recherche
intitulée « La place de l’école dans la société
luxembourgeoise de demain ».
Pour le volet de l’éducation aux valeurs, le groupe a consulté
les représentants des religions non catholiques, ensuite les «
mouvements catholiques » et enfin les « mouvements laïques
». Il s’agit notamment. de projeter « l’école
de demain dans la société pluraliste, les réformes
et changements potentiels dans l’approche du religieux et du séculier
», afin de « préparer l’école luxembourgeoise
à la société de la connaissance ».
Cet énoncé soulève d’emblée plusieurs
questions. Le statu quo actuel risque-t-il d’être remis en
cause au nom du pluralisme et de la société de la connaissance
? Que faut-il entendre au juste par « société de la
connaissance » ? La synthèse des trois consultations mènera-t-elle
à la recommandation d’un cours unique ? Si tel n’est
pas le cas, le respect du pluralisme rendra-t-il nécessaire l’intégration
de toutes les communautés religieuses reconnues par l’Etat
dans l’enseignement public?
De la nécessité d’une éducation
aux valeurs
Dans un monde globalisé et pluraliste, dans une société
aux offres, aux sollicitations de qualité très diverse,
tant au niveau de l’information qu’à celui de la consommation,
il est plus que jamais indispensable que les responsables de l’éducation,
les parents, l’école et bien sûr d’autres lieux
de vie proposent aux jeunes des repères qui les aident à
façonner leur entrée dans la vie adulte sur différents
plans.
Certes, l’école est essentiellement un lieu d’apprentissage
et de socialisation. Le but principal consiste à doter les jeunes
des connaissances et du savoir-faire qui leur permettront de s’épanouir
grâce à une carrière professionnelle en conformité
avec leurs talents et leurs intérêts.
Mais l’homme n’est pas seulement un homo oeconomicus. Sa dimension
éthique ne doit être laissée en friche.
Les adolescents eux-mêmes sont en quête de sens: sens du
travail à l’école et ailleurs, sens des relations
humaines sous tous leurs aspects (amitié, amour, rapport aux autres
générations, rapport aux « étrangers »,
etc.), sens de la vie et de la mort… A l’évidence,
cette recherche d’ordre éthique ou spirituel n’est
pas toujours ouvertement affichée. Mais gardons-nous de nous fier
aux apparences ! Ceux qui affichent un mépris pour les questions
existentielles ou éthiques sont souvent ceux qui s’en préoccupent
le plus.
En second lieu, les parents partagent dans leur grande majorité
le même souci, car il y va de l’épanouissement de leurs
enfants. Souvent dépassés par les interrogations explicites
et implicites de ceux-ci, ils sont en droit d’attendre de l’école
de les épauler.
Enfin, la société attend des futurs citoyens qu’ils
prennent leurs responsabilités dans la famille, dans l’entreprise,
éventuellement dans la commune, l’Etat, voire l’Europe
et le monde. Elle gagne à avoir des hommes et des femmes vigilants,
engagés, et solidaires.
En d’autres termes, l’école manquerait à sa
vocation éducative si elle renonçait à toute formation
explicite de valeurs.
Se pose alors la question fondamentale: qui est habilité à
tenter de répondre aux interrogations des jeunes, à soutenir
les parents dans leur rôle éducatif et à fournir à
la société des citoyens responsables et avertis?
Choisir, un droit et une liberté.
A l’heure actuelle, le choix existe entre une formation morale
et sociale qui a pour référence de base les Droits de l’Homme,
et une instruction religieuse qui, au-delà de ce plus petit dénominateur
commun, ajoute une perspective spécifiquement chrétienne.
Non seulement ce choix existe dans de nombreux pays européens,
mais encore est-il conforme au droit et à la liberté élémentaire
des parents de transmettre et de faire transmettre les valeurs par lesquelles
ils entendent éduquer leurs enfants.
L’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme précise que « toute personne a droit à
l’éducation […] (qui) doit viser au plein épanouissement
de la personnalité humaine […] Les parents ont par priorité
le droit de choisir le genre d’éducation à donner
à leurs enfants ». Le Pacte International relatif aux Droits
Civils et Politiques (16.12.1966) entend par la liberté de pensée,
de conscience et de religion, entre autres, la liberté de manifester
sa religion ou sa conviction par l’enseignement. Dans son article
18, il dispose que « les Etats […] s’engagent à
respecter la liberté des parents […] de faire assurer l’éducation
religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs
propres convictions ». L’Etat a le devoir de protéger
cette liberté.
Le cours d’instruction religieuse et morale
est plus que jamais compatible avec les finalités générales
de l’Education nationale
La Commission des programmes de l’instruction religieuse a élaboré
un profil impressionnant qui repose sur un socle de compétence
qui s’oriente aux finalités essentielles de l’enseignement
au Luxembourg, se recoupant d’ailleurs en partie avec celles de
la Formation morale et sociale. Comme peu de gens consultent ce genre
de document, qu’il soit rappelé ici de manière détaillée.
Angesichts der Komplexität des Lebens, der Gesellschaft und der
Geschichte muss die Schule den Jugendlichen und jungen Erwachsenen helfen
eine eigenständige Identität und einen Sinn für Selbst-
und Mitverantwortung zu entwickeln. Dazu reicht reine Wissensvermittlung
nicht aus. Es bedarf, worauf die OECD-Bildungsexperten letztlich auch
mit ihrer PISA-Studie hinweisen, der Förderung von Kompetenzen.
Von daher möchte das Fach Instruction religieuse et morale“
Schülerinnen und Schüler unterstützen, sowohl kognitive
als auch emotionale Fähigkeiten und Fertigkeiten zu entwickeln,
damit sie ihr persönliches Lebensprojekt entdecken, entfalten und
verwirklichen können. Dabei geht es dem Fach entsprechend vor allem
darum soziale, ethische und spirituelle Kompetenzen so zu entwickeln,
dass die Jugendlichen und späteren Erwachsenen in den alltäglichen
Lebenssituationen wissen, welche Fähigkeiten sie mobilisieren können,
um Lebensfragen, ethische Probleme und Sinnfragen konstruktiv anzugehen.
Ziel ist es, die Jugendlichen in ihrem Selbstfindungsprozess dahingehend
zu unterstützen, dass sie ihr jetziges und zukünftiges Leben
als sinnvoll erfahren und gestalten. Kompetenzen konstruieren sich über
lange Zeit und in unterschiedlichsten Situationen und Lebenszusammenhängen.(…)
Zu den fächerübergreifenden Kompetenzen zählen u.a.:
Analysieren, Synthetisieren, Integrieren, Argumentieren, Kommunizieren,
Beurteilen, Zuhören, Kooperieren.... Die zu fördernden fachspezifischen
Kompetenzen lassen sich in folgende Bereiche aufteilen:
1. Subjektwerdung:
– Die eigene Selbstwahrnehmung entwickeln
– Das eigene Selbstwertgefühl und Selbstbewusstsein als Mann
und Frau fördern
– Selbstkontrolle und Selbstverantwortung entfalten
– Die eigene Autonomie weiterentwickeln
– Eigenes Risikoverhalten reflektieren
– Eigenes Denken, Handeln und Sprechen nach Möglichkeit zur
Übereinstimmung bringen
2. Selber denken:
– Das Fragen und Staunen entwickeln
– Die Prinzipien des Selber-Denkens verstehen und entfalten
– Die Sinn- und Gottesfrage denkerisch angehen und für sich
Entscheidungshilfen finden
3. Soziales Leben:
– Die Notwendigkeit und die Zerbrechlichkeit von menschlichen
Beziehungen erkennen und wissen damit umzugehen
– Kommunikations-, Kooperations- und Konfliktlösungstechniken
kennen lernen und sinnvoll anwenden
– Lernen sich zum Frieden hin zu erziehen und einen effektiven
Beitrag zur Friedfertigkeit leisten
– Sich der eigenen Verantwortung zur Mitgestaltung der Gesellschaft
bewusst werden und diese entwickeln
– Eine Lebenseinstellung gewinnen, die eigenverantwortliches und
lebenslanges Lernen beinhaltet
– Die eigene Sexualität und Liebesfähigkeit entwickeln
und den Mut zur eigenen Gestaltung finden
– Sich einsetzen für einen respektvollen, die Gleichwertigkeit
achtenden Umgang zwischen Frauen und Männern
– Prosoziales Denken und Engagement bei sich entwickeln
– Politische wie soziale Unterdrückung und Ungerechtigkeiten
erkennen und analysieren
– Akzeptanz und Toleranz in einer multikulturellen und multireligiösen
Gesellschaft zum Ausdruck bringen
– Die eigene Verantwortung für das Zusammenwachsen Europas
und den Frieden in der Welt erkennen und entsprechend handeln können
– Die Bedeutung der Menschenrechte verstehen und lernen sich für
ihre Umsetzung zu engagieren auch im Sinne einer Verteilungsgerechtigkeit
und Globalisierung
4. Ethik:
– Eine innere Bezugsgröße für Wertvolles und Werthaftiges
entwickeln und mitteilen
– Kritische Selbstreflexion heranbilden und sich darin einüben
– Vergleichen und differenziert Position beziehen
– Entscheidungen als Einschränkung und Eröffnung von
Lebensmöglichkeiten erkennen
– Seine Meinung artikulieren
– Zivilcourage an den Tag legen
– Sich mit Wertvorstellungen und ethischen Ansätzen kritisch
auseinandersetzen
– Autonome Wertentscheidungen treffen und argumentativ vertreten
– Mit Problemsituationen verantwortungsbewusst umgehen
– Das persönliche Engagement für andere Menschen, künftige
Generationen und für die
Schöpfung als ein großes Ganzes begründen und effizient
umsetzen
Le cours d’instruction religieuse garde
sa spécificité qui justifie son existence à part
…
Au-delà des compétences mentionnées ci-dessus, l’instruction
religieuse et morale garde sa dimension proprement religieuse, susceptible
de guider le jugement sous un angle spécifiquement chrétien.
De plus, les chapitres 5, 6 et 7 se réfèrent explicitement
aux valeurs spirituelles, culturelles chrétiennes, sans négliger
les traditions spirituelles non chrétiennes.
5. Spiritualität:
– Die Bedeutung und die Herausforderung von Spiritualität
als bewussten, ganzheitlichen
Bezug zu Gott, zum Ganz Anderen“ und zum Sein für sich entdecken
und sie gegebenenfalls
im Alltag nachvollziehen lernen
– Die eigenen Bedürfnisse und Widerstände gegenüber
Spiritualität wahrnehmen und verstehen
– Eine persönliche Spiritualität weiterentwickeln
– Sich spirituellen Ansätzen und Überzeugungen anderer
Menschen und Kulturen öffnen, sich kritisch damit befassen und
sie respektieren lernen
6. Kultur und Geschichte:
– Die aktuellen und längerfristigen gesellschaftlichen Entwicklungen
verstehen und bewerten
– Moderne und postmoderne Wirklichkeitskonstruktionen erfassen
und darüber nachdenken
– Den Platz des Religiösen innerhalb der Kultur nachvollziehen
– Die geschichtliche und gesellschaftliche Relevanz des Christentums
begreifen und einschätzen auch hinsichtlich europäischer und
globaler Dimension
– Die Bedeutung von Geschichte und Kultur f!r das eigene Leben
reflektieren
7. Das Phänomen des Religiösen:
– Religion als Kulturschöpfung in ihrer Intention und in
ihrer psychischen und sozialen Funktionalität verstehen und einordnen
– Ausdrucksformen von Religiosität (Rituale, Gebet,...) in
ihrem jeweiligen Kontext begreifen, einschätzen und respektieren
– Religion als Bindung zu Gott, zum Ganz Anderen“ oder zum
Sein erfassen und gegebenenfalls in das eigene Lebensprojekt integrieren
– Die verschiedenen Religionen und Spiritualitäten in ihrer
Fragestellung und Antwort vernehmen und in ihren spezifischen geschichtlichen,
gesellschaftlichen und politischen Rahmen einordnen
– Die existentielle Dimension von Religion, religiöser Texte
und Bräuche erkennen
– Die institutionelle Dimension von Religion untersuchen
– Religionskritik in ihrer Motivation verstehen und in ihrem Erkenntniswert
verstehen und kritisch beleuchten
8. Das christliche Erbe:
– Glauben als Handlungskompetenz erkennen, auf seine Fiabilität
und Viabilität untersuchen
und persönlich bewerten
– Religiöse Texte ( Bibel, Gebete, Enzykliken, Dogmen,...)
in ihrer literarischen und existentiellen Eigenart erfassen, analysieren
und deuten
– Die ideengeschichtliche Bedeutung des christlichen «Glaubensaktes»
und des «Liebesgebotes
» verstehen und dazu Position beziehen lernen
– Das christliche Verständnis der Beziehung zu Gott verstehen
und sich dazu äußern lernen
– Wesentliches von Unwesentlichem im Christentum unterscheiden
können.
Comme chrétiens engagés dans la Cité, en accord
parfait avec la Constitution, avec vocation de faire connaître et
rendre intelligible la Bonne Nouvelle, l’ALUC salue et défend
l’existence en option d’un enseignement religieux fondé
sur les valeurs du christianisme, tant au niveau post-primaire que primaire.
Par là même, et en conformité avec le Concile de Vatican
II, elle se félicite de la valorisation du cours de formation morale
et sociale, condition élémentaire à un choix serein
entre les deux variantes de la même branche.
Supprimer ce choix reviendrait à un appauvrissement de l’offre
scolaire. Non seulement une telle décision enlèverait aux
parents un choix que les droits de l’homme leur assurent, mais encore
contribuerait-elle à nous couper d’un héritage qui
a façonné l’Europe et notre pays depuis deux millénaires.
En effet, ce patrimoine culturel est intimement lié à des
références judéo-chrétiennes omniprésentes,
que ce soit dans l’art, la littérature, la vie politique
et sociale, etc. Le cours d’instruction religieuse contribue à
les rendre lisibles.
Précisons que l’enseignement chrétien n’exige
ni l’adhésion aux dogmes catholiques ni la pratique religieuse
ou des actes de piété. Se défendant contre tout sectarisme,
l’enseignant n’est pas un prosélyte. Depuis l’aggiornamento
de l’Eglise catholique, et notamment la reconnaissance claire de
la liberté religieuse de chaque être humain, il ne saurait
être question de pousser les jeunes à se conformer aux préceptes
de l’Eglise ni même de devenir des chrétiens convaincus.
La conversion n’est nullement l’objectif de ce cours. Au contraire,
l’expérience et la méthodologie du dialogue interreligieux
et œcuménique rodées depuis plusieurs décennies
favorisent l’ouverture à l’Autre.
Ce que l’instruction religieuse tente en revanche de transmettre,
c’est bien la connaissance et l’intelligibilité de
l’éthique et de la spiritualité chrétiennes,
afin de permettre aux jeunes de mieux pouvoir se positionner et de faire
un choix libre, en connaissance de cause. Il est clair cependant que l’enseignant
d’instruction religieuse n’aborde pas les religions dans la
même perspective que l’enseignant de formation morale et sociale.
Si pour celui-ci les valeurs supérieures s’appellent «tolérance
» et « autonomie » comme dénominateurs communs,
celui-là cherche à comparer celles-ci en dégageant
la notion du bien et du mal sous un angle chrétien. Il s’attache
à mettre en relief les grandes questions morales, souvent des dilemmes,
à l’aide d’exemples concrets pris à la fois
dans la vie des adolescents et dans différents contextes culturels.
Il confronte pardon et loi du talion, fidélité et liberté,
honnêteté et faux-fuyants, renoncement et jouissance, solidarité
et défense d’intérêts particuliers, engagement
et tour d’ivoire, conformisme et esprit de résistance, liberté
d’expression absolue et déontologie du journaliste, amour
authentique et libertinage, efficacité économique et justice
sociale, science avec ou sans conscience, vérité et relativisme,
humilité et orgueil, et ainsi de suite.
Rien que ces exemples suggèrent que les réponses dépendent
des situations particulières non moins que de la hiérarchie
des valeurs auxquelles on adhère.
… sous condition que ses enseignants ne
la trahissent pas
Bien évidemment, les enseignants d’instruction religieuse,
comme leurs collègues de la formation morale et sociale et ceux
de toutes les autres disciplines sont tenus à respecter l’excellent
programme élaboré par leur commission nationale. Si en effet,
ils étaient tentés d’écarter les thèmes
et les approches spécifiquement chrétiennes, pour ne parler
que de « sujets horizontaux » de la même manière
que leurs collègues de Formation morale et sociale, on verrait
mal par quels arguments ils s’opposeraient au « cours unique
».
Par ailleurs, ils devraient être conscients du problème de
leur avenir professionnel. Car il n’est pas sûr que des théologiens
puissent se recycler comme enseignants d’éthique «
neutre ».
Le problème de l’Islam et d’autres
communautés religieuses.
Dans les trente dernières années, le Luxembourg a définitivement
perdu toute homogénéité culturelle. Si l’introduction,
en 1968, d’un cours de morale laïque a enfin et heureusement
tenu compte de la sécularisation de la société, l’immigration
massive avec l’afflux d’enfants d’autres espaces culturels
et religieux soulève bien évidemment une question grave
: l’école publique doit-elle s’ouvrir à des
enseignants d’autres religions ou confessions, comme elle le fait
depuis toujours pour les catholiques ? Nous pensons notamment aux milliers
de musulmans qui vivent au Luxembourg.
Partant du principe que parents et les élèves de n’importe
quelle religion jouissent du même droit et de la même liberté
de choix en matière de formation éthique et religieuse,
l’Etat ne saurait émettre une opposition de principe à
leur présence dans l’offre scolaire prévue.
Nous estimons toutefois qu’en cas d’une demande de la part
de ces communautés, il faut que deux conditions soient remplies
impérativement. Leur enseignement doit être compatible avec
notre Constitution et avec les finalités (socle de compétences)
de l’Education nationale.
Il ne nous appartient pas de juger si l’Islam peut assurer cette
compatibilité ou s’il reste des doutes sur cette question
épineuse. Videant consules.
En second lieu, les enseignants de ces communautés doivent avoir
des diplômes homologués, se soumettre aux mêmes conditions
de recrutement, de formation pédagogique et d’examen pratique
que leurs collègues « laïques » ou catholiques.
Conclusion
Estimant que les jeunes ont besoin, à la place de l’indifférence
stérile, d’une éducation aux valeurs solide, et que
d’autre part la neutralité n’existe ni dans un cours
ni dans un autre, l’ALUC souhaite que la pluralité de l’offre
reste garantie, dès qu’il y a demande d’un nombre significatif
de parents ou d’élèves.
Au vu de l’importance et de l’intérêt croissants
pour les grands thèmes éthiques et même spirituels,
elle regrette vivement que les deux cours aient été supprimés
en classe de deuxième et de première et ne soient présents
qu’à raison d’une leçon hebdomadaire dans les
autres classes. Enfin, elle considère que cet enseignement doit
garder un coefficient marquant la reconnaissance qu’il mérite.
ALUC, mai 2006
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