L’édito à (ne pas) télécharger : Hadopi

Ce qu’il y a de bon avec l’actualité c’est qu’elle est partout, qu’elle aime tout le monde, tout le temps et qu’elle n’oublie jamais personne.

 

En plus, elle n’est ni raciste, ni sexiste. Bref, c’est une belle gosse.

 

 

 

Aujourdhui : Horrible, Abject, Déprimant… Offert en Pâture aux Internautes.

Préparez-vous. Le 13 juin courant, la Haute Autorité délivrera aux spectateurs ébaubis sa première Vraie Campagne de Publicité (à trois millions d’Euros, tout de même).

Je vous laisse les visionner en avant-première, et vous retrouve ensuite pour vous livrer mes premières réactions, qui n’engagent que moi, il va sans dire.

 

 

 

 

Sur l’ensemble de la Campagne :

Passons, de prime abord, sur l’aberrante démagogie qui suinte de tous les pores de ces pitoyables messages publicitaires.

La publicité, qu’on croyait inventée pour susciter l’envie ou, à tout le moins, l’adhésion, met ici en œuvre une nouvelle ficelle (encore qu’il serait plus judicieux de parler de câble de remorqueur) : La Culpabilisation.

Certes, La Culpabilisation, ça peut marcher lorsqu’il s’agit de défendre une Grande Cause (Sécurité Routière, Tabagisme des Nourrissons, Stationnement Intempestif sur les Places Réservées aux Handicapés etc.)

Je ne suis pas certain que la défense du droit d’auteur, toute légitime soit-elle, constitue une Grande Cause®.

Mais tout ceci est subsidiaire.

HADOPI, on nous l’a seriné pendant des mois, a été créée pour défendre la Création, et les Créateurs.

Et voici que ces messages nous offrent la vision de ce que sera, par la Grâce d’HADOPI, l’offre culturelle dans dix ans :

  • Un succédané d’imitation de pâle copie de sosie de Britney Spears, une musique aussi indigente qu’indigeste, et un patchwork de lieux communs (Piscine + Pétasses, manque vraiment quune Bête de Supercar à jantes chromées).

Problème : Il est indiqué quelle a débuté en « mixant dans des bars », ce qui semble signifier quelle a osé diffuser et partager sa musique gratuitement. Horreur !

De plus, sa musique est présentée comme un « mélange de néo-électro et de textes engagés ». Or, si elle se contente de mélanger des genres préexistants, peut-on véritablement parler de création ?

Vous noterez au passage que la demoiselle chante en anglais, ce qui nous permet de nous convaincre au passage qu’HADOPI est VRAIMENT le dernier rempart de l’Exception Culturelle Française contre l’invasion de la Barbarie Anglo-saxonne.

  • Une Sous-Série à l’Américaine (encore…), infourguable au MIPCOM de Cannes, et dont ne voudrait même pas le concierge du Palais des Festivals.

Ici, cest plus subtil, mais ça passerait difficilement autrement quen dessin animé :  les Totally Spies sont bien plus crédibles (sans compter quelles sont bonnes).

  • Un film abscons, dont le bref extrait permet cependant de prendre la pleine mesure de la débilité de l’intrigue et de la pauvreté du jeu des personnages.

Le visionnage de cette séquence me convainc toutefois d'une chose : pour assurer la French Movie Touch, sous-plagier Hollywood est largement suffisant.

Bravo, les mecs.

Voilà, en résumé, l’Univers Culturel que vous propose HADOPI dans dix ans : Une chanson de merde, une série à chier, un film pauvrement imbécile.

Le pire dans cette triste affaire, c’est que ces « anticipations » ressemblent étrangement aux sous-daubes dont le public est largement abreuvé aujourd’hui (et dont il se satisfait assez bien, je dois l’avouer, même si cela me chagrine).

HADOPI, si vous avez bien suivi, c’est donc le garant de la pérennité de l’étron commercial sous toutes ses formes, sans aucune évolution.

Bien que nos dirigeants naient pas ménagé leurs efforts pour nous convaincre quHADOPI protégeait les créateurs, les faits sont têtus : LAutorité en question se contente de protéger des intérêts purement privés (ceux des Majors, donc), en gaspillant utilisant  des deniers publics. Bon, on sait bien que cette doctrine est un des piliers du Sarkozisme, mais L'animal nous avait habitué à des procédés moins voyants. Bonne tranche de rigolade et informations intéressantes ici (Allez jusquau bout, il y a un bonus sympa à la fin ).

En définitive, tout ceci est à pleurer et pourtant, la Haute Autorité est une institution gouvernementale : sa voix, c’est celle de la France.

Et là, je pose la question à 1 € : Où est la création dans tout ça ?

Je vous laisse, je dois aller télécharger l’intégrale des « Cordier, Juge et Flic ».

P.s : Un dernier Bravo (si, si) pour le Label PUR (Promotion des Usagers Responsables), qui permet de séparer le bon grain de livraie, les bons des méchants, les vrais des faux, le tout avec un relent deugénisme assez perturbant.

Merci.

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